Mars 2026 : un nouveau sélectionneur, une nouvelle ambition. Intronisé après le départ de Walid Regragui, Mohamed Ouahbi arrive avec un palmarès chez les jeunes, dont un titre mondial U20 au Chili en 2025, obtenu avec un jeu offensif et basé sur la possession. Son arrivée coïncide avec une volonté affichée de transformer le Maroc, passé d’une équipe patiente et verticale à une formation qui cherche à dicter le rythme, à construire proprement et à prendre des risques calculés.
2022 : le modèle Regragui, bloc compact et contre
Au Qatar, Walid Regragui installe un 4-1-4-1 ou un 4-3-3 très compact, avec un bloc défensif bas, peu de possession et des transitions rapides. Contre l’Espagne en huitième de finale, le Maroc encaisse le ballon, garde les lignes serrées, et punit en contre. Contre le Portugal en quart, c’est le même scénario : un bloc bas, un pressing ponctuel, et un but sur centre de Hakimi pour Youssef En-Nesyri, dans un match où le Maroc a montré une discipline collective totale, selon Regragui lui-même.
2026 : le modèle Ouahbi, 4-2-3-1 et pressing haut
À la Coupe du monde 2026, Mohamed Ouahbi déploie un 4-2-3-1 flexible, qui peut glisser en 4-2-2-2 en possession, avec un double pivot (Sofyan Amrabat associé à Neil El Aynaoui ou Ounahi) et un meneur central (Brahim Díaz) entouré d’Ismaël Saibari et Bilal El Khannouss. Le Maroc cherche à avoir le ballon, à presser haut sur les relances adverses, et à créer des espaces par des permutations et des associations courtes, plutôt que d’attendre passivement l’erreur.
Brésil 2026 : le coup de maître de Ouahbi
Le 13 juin 2026, face au Brésil au MetLife Stadium, Ouahbi aligne un 4-2-3-1 offensif, avec un pressing tout-terrain pendant la première demi-heure, une volonté de construire proprement et de multiplier les combinaisons dans les trente derniers mètres. Le Maroc impose son jeu, crée des occasions, et arrache un nul historique qui aurait pu basculer en sa faveur, selon Camarche. Ce match illustre la nouvelle philosophie : ne plus subir, mais provoquer, même contre une grande nation.
France 2022 contre France 2026 : deux lectures du même adversaire
En demi-finale du Mondial 2022, le Maroc de Regragui affronte la France en 4-1-4-1, avec un bloc bas, un pressing sélectif, et une priorité à la solidité défensive. Le score final (2-0) masque un match où le Maroc a peu eu le ballon, mais a limité les espaces. En quart de finale du Mondial 2026, le Maroc de Ouahbi retrouve la France, cette fois en 4-2-3-1 offensif, avec Ismaël Saibari en fausse pointe, beaucoup de permutations, et une volonté de construire proprement. Le Maroc perd encore (2-0), mais le style a changé : il a cherché à imposer son jeu, à presser haut, et à créer, même si la finition a manqué, selon Afrik-Foot.
Données : la rupture chiffrée entre 2022 et 2026
Les chiffres confirment la mutation. En 2022, sous Regragui, le Maroc affiche 38,2% de possession moyenne, 0,84 xG par match, et 0,72 xG contre par match, avec 318 passes tentées par rencontre. En 2026, sous Ouahbi, la possession grimpe à 61,0%, les xG pour montent à 1,48, les passes tentées atteignent 584, et l’intensité (sprints par kilomètre) augmente de 29,3%, selon African Pitch Intelligence. Le nombre de tirs subis baisse même (8,3 contre 9,2), preuve que le pressing haut structuré est devenu le premier rideau défensif.
Ce qui reste, ce qui change
Ouahbi conserve le bloc compact et le contre-pressing hérités de Regragui, en y ajoutant davantage de verticalité et de créativité dans les trente derniers mètres. Il alterne sans rigidité entre 4-2-3-1, 4-3-3 et 3-4-3 selon l’adversaire, pour rendre les Lions imprévisibles. La variante 5-4-1 reste un outil de gestion face aux grandes nations, mais le cœur du jeu a basculé : le Maroc ne se contente plus de contrer, il veut dicter le rythme, créer et prendre des risques calculés.
Une révolution en marche, pas encore aboutie
La révolution tactique de Ouahbi est en cours, mais elle n’est pas encore achevée. Le Maroc a gagné en volume offensif, en possession, et en intensité, mais il lui manque encore un trophée majeur pour valider cette nouvelle identité. Avec un noyau dur composé d’Achraf Hakimi, Sofyan Amrabat, Brahim Díaz, Ismaël Saibari et Bilal El Khannouss, et un sélectionneur qui a déjà prouvé sa capacité à faire émerger des talents chez les jeunes, le Maroc pourrait bien confirmer cette mutation dans les années à venir.
SOURCES :
https://africatopsports.com/afrique-football/cdm-2026-maroc-le-profil-data-complet-de-la-selection-de-regragui-a-ouahbi-au-quart-de-finale/
https://information.tv5monde.com/sport/coupe-du-monde-2026-le-maroc-nattend-plus-les-occasions-il-se-les-procure-comment-mohamed-ouahbi-transforme-les-lions-2829562
https://www.afrik-foot.com/france-maroc-le-dilemme-tactique-qui-attend-mohamed-ouahbi-pour-le-match-de-la-revanche
https://camarche.ma/maroc-bresil-le-coup-de-maitre-tactique-de-ouahbi-les-lions-ont-tenu-tete-a-la-nation-du-football/
https://www.theguardian.com/football/2026/may/30/morocco-world-cup-2026-team-guide
https://fwctimes.com/morocco-playing-style-world-cup/
https://mediapronos.com/mohamed-ouahbi-coupe-du-monde-2026/
https://www.dw.com/en/moroccos-tactical-brilliance-explained-stout-defense-and-lightning-quick-counters/a-64015897
https://www.sportsdunia.com/football-analysis/walid-regragui-tactics-manager
https://totalfootballanalysis.com/video/video-walid-regragui-his-morocco-philosophy-and-tactics-explained-fifa-world-cup-2022
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